Revendications politiques adressées aux dirigeant·e·s du Forum des îles du Pacifique

investir dans un avenir commun axé sur la résilience au dérèglement climatique, la dignité humaine et le bien-être.

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Les organisations de la société civile servent les besoins fondamentaux des populations insulaires du Pacifique et touchent souvent les groupes locaux les plus vulnérables et les plus marginalisés vivant dans des régions les plus reculées. C’est pourquoi nous encourageons les dirigeant·e·s des îles du Pacifique à adopter à l’unanimité des positions fermes, résolues, ambitieuses et transformationnelles pour faire face à la crise climatique. Une telle action débouchera sur des solutions mesurables et assorties d’un calendrier qui tiendront compte de la gravité des répercussions de la crise climatique sur les droits humains, l’économie et les moyens de subsistance des populations du Pacifique ainsi que du reste du monde.

En tant que Réseau d’Action Climatique des Îles du Pacifique, qui se compose de 139 organismes membres de la région du Pacifique bleu, nous exigeons ensemble que les résolutions sur le climat du FIP aillent beaucoup plus loin en 2020 que par le passé, quels que soient les échecs importants actuels de plusieurs membres du Forum en ce qui concerne l’inaction climatique. Il est absolument essentiel que nos résolutions exigées reposent sur la science et mettent le Pacifique sur la voie d’un avenir axé sur la résilience au changement climatique, l’environnement et le bien-être humain.

Revendications politiques du Réseau d’Action Climatique des îles du Pacifique (PICAN- Pacific Islands Climate Action Network)

Les dirigeant·e·s du FIP doivent au moins déclarer que :

  1. Le Pacifique affronte une crise climatique
  2. Le changement climatique reste la menace la plus importante à laquelle fait face le Pacifique bleu, ce qui aggrave, cumule et amplifie les autres enjeux que pose le développement
  3. Nous aurons une réponse juste pour faire face à la double crise que constituent le dérèglement du climat et la pandémie de COVID19
  4. Les droits fondamentaux et le bien-être de l’être humain des générations d’aujourd’hui et à venir des populations des îles du Pacifique sont compromis par le changement climatique.
  5. Les pertes et les dégâts liés aux dérèglements climatiques, notamment les coûts économiques et non économiques ont surpassé les capacités des nations du Pacifique les empêchant d’agir pleinement en tant qu’États souverains.
  6. Soutenant sans réserve les études climatiques qui serviront à l’élaboration de ses politiques, le Pacifique approuve catégoriquement les conclusions abordées dans les rapports suivants : le Rapport spécial du GIEC sur les conséquences d’un réchauffement climatique de 1.5°c, le Rapport spécial sur le changement et les terres émergées (SRCCL) et le Rapport spécial sur l’Océan et la cryosphère dans le contexte du changement climatique. Ce dernier explique clairement que
    • le changement climatique est causé par les émissions anthropiques de gaz à effet de serre, déjà responsables du réchauffement planétaire de plus d’un degré Celcius. Ces émissions favorisent la fréquence et l’intensité des cyclones tropicaux, des inondations, de la montée du niveau des mers, des maladies, des sécheresses et des phénomènes météorologiques extrêmes.
    • Pour restaurer un climat stable, il est impératif de réduire les émissions nettes à zéro dès que possible, et bien avant 2050.
  7. Les organisations de la société civile et les ONG participeront pleinement à l’élaboration et à l’amélioration de la Stratégie 2050 pour le continent Pacifique bleu afin de préparer un avenir résilient axé sur l’aide aux populations.

Les organisations civiles du Pacifique exigent des mesures justes et équitables pour lutter contre la crise climatique pour les générations d’aujourd’hui et de demain.

Les dirigeant·e·s du FIP doivent au moins décider qu’ils adopteront une mesure ambitieuse sur :

1. Une Réponse Juste au COVID-19

Tout comme la crise climatique, la pandémie mondiale de COVID-19 ne connait pas de frontières et accentue les inégalés d’un système économique défaillant où le profit se concentre entre les mains d’une petite minorité tandis que la majorité parvient à peine à atteindre un niveau de vie décent.

Les mesures urgentes et à plus long terme prises par nos dirigeant·e·s doivent impérativement tenir compte des crises interdépendantes de l’inégalité des richesses, du racisme et du déclin écologique – et notamment climatique, – pour éviter que le COVID-19 intensifie ces problèmes de longue date. Les réponses doivent à tous les niveaux :

    • Donner la priorité à la santé, sans exception.
    • Fournir l’aide économique directement à la population.
    • Aider les travailleur·se·s et les communautés plutôt que les cadres d’entreprise.
    • Améliorer la résilience aux crises futures.
    • Renforcer la solidarité et les liens entre les peuples, pour ne pas tomber dans l’autoritarisme.
2. Fournir des ressources financières face au changement climatique

Les dirigeant·e·s des nations insulaires du Pacifique établiront ensemble un nouvel objectif collectif quantifié pour le financement climatique public qui sera fixé à partir du plancher de 100 milliards de dollars par an. Les dirigeant·e·s s’assureront que les pays les plus vulnérables reçoivent directement ces ressources (en particulier les nations insulaires du Pacifique), y compris les OSC et les ONG.

Les dirigeant·e·s des nations insulaires du Pacifique sont enjoints à s’engager à la transformation du système financier public et privé, au niveau national et mondial d’ici 2030. Ils devront s’assurer que les flux financiers sont compatibles avec l’objectif de 1,5 °C et qu’ils s’alignent sur un développement adapté au changement climatique et sur les mesures pour une réponse juste. Il s’agit notamment de cesser de financer les projets fossiles et d’investir dans les projets d’énergie 100 % renouvelable.

3. Avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice

Il est impératif que les dirigeant·e·s des nations insulaires du Pacifique mettent en œuvre une résolution lors de l’Assemblée générale des Nations unies et qu’ils sollicitent l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice sur les obligations des États au regard du droit international, pour protéger les droits des générations d’aujourd’hui et à venir contre les retombées néfastes du changement climatique. Les dirigeant·e·s joindront leurs efforts à ceux des organisations de la société civile par des moyens diplomatiques, entre autres, de manière à assurer le soutien international à cette résolution.

4. Atténuation

Les nations insulaires du Pacifique réclameront collectivement la suppression progressive immédiate de toutes les subventions à l’industrie fossile, tant à l’échelle nationale qu’internationale, et notamment une résolution couvrant les membres du FIP.

Les nations insulaires du Pacifique réclameront collectivement que les institutions financières se départissent complètement de leurs placements dans les énergies fossiles, et notamment une résolution couvrant les membres du FIP.

5. Pertes et dégâts

Parallèlement à leur engagement de se libérer des énergies fossiles et de faciliter une transition socialement juste sans nuire à l’environnement, les dirigeant·e·s des nations insulaires du Pacifique doivent demander des aides financières et des indemnisations pour les pertes et dommages déjà subis par les pays les plus vulnérables.

6. Genre et droits humains

Les parties prenantes et le système judiciaire officiel doivent prévoir des stratégies transversales et interdépendantes, aux niveaux national et régional, pour résoudre toutes les formes de violence à l’encontre des femmes, des personnes s’identifiant comme LGBTQI ainsi que d’autres formes de discrimination intersectorielles à l’égard des personnes marginalisées, dont les femmes ayant un handicap, les travailleur·se·s dans l’industrie du sexe, les travailleuses de la santé en première ligne, les auxiliaires de vie à domicile et d’autres travailleur·se·s occupant des emplois précaires, notamment pendant la pandémie de COVID19.

7. La jeunesse du Pacifique

Les dirigeant·e·s des nations insulaires du Pacifique s’engagent à soutenir les OSC qui présenteront la Déclaration de la Jeunesse du Pacifique en 2020 sur le changement climatique lors de la réunion des dirigeant·e·s du FIP.

8. Sécurité alimentaire

Les effets du changement climatique sur la sécurité alimentaire qui étaient imminents hier sont aujourd’hui une réalité. Les dirigeant·e·s des nations insulaires du Pacifique doivent continuer d’œuvrer en faveur de la résilience dans les principaux secteurs, dont l’agriculture, la pêche et l’industrie forestière pour protéger la sécurité alimentaire en ces temps de crises et de risques multiples.

Les OSC du Pacifique exigent des mesures lors de la CCNUCC

Reportée à novembre 2021, lors de la vingt-sixième réunion lors de la Conférence des Parties (COP 26) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC),

les dirigeant·e·s du FIP doivent au moins déclarer que :

  1. Les nations insulaires du Pacifique réduiront collectivement leurs émissions brutes de gaz à effet de serre de 45 % d’ici 2030 et atteindront la neutralité carbone d’ici 2050.
  2. Une fois que les nations insulaires du Pacifique auront révisé et mis en oeuvre les contributions déterminées au niveau national (CDN) en 2020, elles s’assureront que les CND successives représentent un progrès important par rapport au CDN précédentes. Cela montre toute l’ambition de limiter le réchauffement climatique mondial à 1,5 ºC par rapport au niveau préindustriel.
  3. Les nations insulaires du Pacifique exigeront que les Parties à l’accord de Paris adoptent les conclusions abordées dans les rapports suivants pour leur prise de décision : Rapport spécial du GIEC sur les Conséquences d’un Réchauffement climatique de 1,5 ºC, rapport spécial sur le changement climatique et les terres émergées (SRCCL) et le Rapport spécial sur l’Océan et la cryosphère dans le contexte du changement climatique.
  4. Les mécanismes financiers doivent acheminer davantage de fonds vers les pays bénéficiaires en développement en faveur de l’action pour le climat.
  5. Le Paragraphe 51 de la Décision 1/CP.21, de « l’Adoption de l’Accord de Paris » est immoral, car il permet aux pays en développement et aux grands pollueurs d’éviter d’assumer leur responsabilité, ce qui fait peser le fardeau des pertes et des dommages directement sur les plus démunis, les plus vulnérables et les moins responsables de la crise climatique.
  6. Le paragraphe 51 ne s’applique ni aux nouveaux textes ou ajouts de textes ni aux nouvelles sections ou sections complémentaires de l’Accord de Paris ou de la CCNUCC.
  7. Le Mécanisme international de Varsovie sert à la fois à la Conférence des parties (COP) à la CCNUCC et à la Conférence des Parties siégeant en tant que Réunion des Parties à l’Accord de Paris (CMA).
  8. Le réseau de Santiago, instrument de financement et de mise en œuvre en matière de pertes et dommages, sera mis en place en 2021 pour faciliter et permettre l’action et pour soutenir les populations les plus vulnérables du Pacifique bleu.
  9. L’Article 6 et ses règles sur le marché du carbone reposeront sur l’intégrité environnementale du système d’échanges. Ce système favorise une réduction globale des émissions, car il n’accepte pas de reprise de quotas (ou crédits) d’émissions issus des mécanismes de projet du protocole de Kyoto, y compris des membres du FIP.
  10. Les nations insulaires du Pacifique s’efforceront de parler d’une seule voix pendant les négociations environnementales multilatérales, y compris à la CCNUCC afin d’aboutir à des résultats plus ambitieux.
  11. Les délégations du Pacifique à la CCNUCC devront inclure des réprésentant.e.s des OSC et des NGO, ainsi que du milieu universitaire, de la jeunesse, des organismes du secteur privé, parmi d’autres, pour assurer l’inclusion de tous et de toutes et une capacité maximale afin de créer un impact national.

Ajoutez votre nom

Si vous soutenez les revendications politiques du réseau d’Action climatique des îles du Pacifique, signez et diffusez cette pétition.

L’heure est venue de faire preuve de détermination pour sauver des vies et de courage pour créer un futur plus sain et plus équitable passant par une réponse Juste.

Si vous signez, nous vous tiendrons au courant des meilleurs moyens pour soutenir et faire respecter ces actions ambitieuses vous-même, dans votre région.

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